Le maire RN de Perpignan Louis Aliot, lors d'une conférence de presse au QG de campagne de Christophe Barthès, candidat RN à la ville de Carcassonne, le 18 mars 2026 ( AFP / Ed JONES )
Le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a été élu samedi président de la communauté urbaine, qui avec ses 278.000 habitants est désormais la plus importante dirigée par le parti d'extrême droite.
"Je n'ai pas l'ambition de constituer un exécutif partisan, encore moins d'instaurer l'hégémonie de Perpignan. Mon objectif est d'instaurer une gouvernance partagée autour de la ville centre", a assuré lors de son discours précédant le vote M. Aliot, élu dès le premier tour avec une forte majorité de 60 voix sur 79 exprimées.
"Le but de ma démarche, c'est de remettre Perpignan à la place qu'elle doit occuper (...) celle de la locomotive qui accompagne et entraîne le développement du territoire", a-t-il aussi déclaré.
"La représentativité des communes sera donc respectée dans les instances et organes décisionnels de notre intercommunalité", a ajouté le maire de Perpignan (120.000 habitants).
Sa seule adversaire, Edith Pugnet, maire (PCF) de Cabestany, a plaidé pour une intercommunalité qui "agit efficacement" dans plusieurs domaines (voirie, propreté, logement, eau, mobilités, développement économique et aménagement du territoire ou agriculture), si possible avec "du service public et de l'humain".
- "Attractivité économique" -
M. Aliot avait affirmé à l'AFP cette semaine souhaiter travailler à "l'amélioration des liaisons de transport en commun" et "développer l'attractivité économique pour favoriser l'implantation d'entreprises".
Le président sortant de Perpignan Méditerranée Métropole, Robert Vila, ex-LR, ne s'est pas représenté à cette élection, constatant "peu de désaccords" entre ses soutiens et ceux de M. Aliot, engagés selon lui, "pour l'intérêt général".
En 2020, tout juste élu maire de Perpignan, M. Aliot avait échoué à rassembler suffisamment d'élus, ce qui avait ouvert la voie à l'élection de M. Vila, maire LR de Saint-Estève, à la présidence de la métropole.
Cette fois, lors des dernières municipales, le maire de Perpignan a pris soin de ménager ses futurs alliés potentiels.
Conformément à son principe de "ne pas embêter un maire de droite qui fait bien son travail et qui ne vilipende pas le RN à longueur de journée", il n'y a pas eu de candidat RN à Saint-Estève chez M. Vila, ni dans la station balnéaire de Canet-en-Roussillon, face au maire Stéphane Loda, ancien secrétaire départemental LR.
Samedi, peu après la victoire de M. Aliot, M. Loda a été élu premier vice-président et M. Vila deuxième vice-président de la communauté urbaine.
- "Absence de projet" -
La conquête de l'agglomération de Perpignan par M. Aliot s'ajoute à celle de la Communauté de la Riviera française par la maire RN de Menton (Alpes-Maritimes) Alexandra Masson. A Nice, c'est avec le soutien du RN que le maire Eric Ciotti a pris la Métropole Nice Côte d'Azur.
A Perpignan, après le vote de samedi, il n'y a "rien de nouveau sous le soleil", a pointé Bruno Nougayrède, candidat malheureux de la droite et des macronistes (du MoDem à LR) lors des municipales de mars.
"Un vice-président devient président et le président devient vice-président. Et on va rester sur la même absence de projet ou d'idée pour le territoire", a-t-il commenté auprès de l'AFP.
Pour le sociologue Dominique Sistach, coauteur avec le spécialiste des extrêmes droites Nicolas Lebourg du récent ouvrage collectif "Perpignan, déclassement et droitisation", la question se pose désormais de savoir si la droite des Pyrénées-Orientales va "survivre, ou se faire avaler par le RN", dans une agglomération qui compte parmi "les plus pauvres de France" - le taux de pauvreté y atteignait 23,4% en 2021, selon l'Insee.

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